NIIGATA Culture Tourism

NIIGATAOverview

La préfecture de Niigata se situe à peu près au centre de la côte de Honshu bordant la mer du Japon. Outre son territoire sur Honshu, la préfecture comprend également les îles de Sado et d’Awashima, situées dans la mer du Japon. Géographiquement, elle est divisée en quatre régions : Joetsu, Chuetsu, Kaetsu et Sado. Niigata s’étend sur un vaste territoire aux paysages variés, composé de littoraux, de montagnes, de cours d’eau et de plaines. Elle bénéficie d’une nature généreuse, qui se pare de couleurs différentes au fil des quatre saisons. Avec ses paysages spectaculaires, sa culture et ses arts du spectacle transmis de génération en génération, ainsi que sa gastronomie propre à la région, Niigata est une destination attrayante où découvrir une grande diversité culturelle.

Carte des régions de la préfecture de Niigata

Episode 1

Régions de Niigata et de Sado

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Mines d’or de l’île de Sado

Mines d’or de l’île de Sado

L’or, l’argent et le cuivre ont longtemps été extraits sur l’île de Sado, et au début du XVIIe siècle, celle-ci abritait l’une des plus grandes mines d’or au monde. En juillet 2024, le site a été inscrit au patrimoine mondial sous le nom de « Mines d’or de l’île de Sado ». Alors que l’extraction mécanisée était la norme dans le monde, le fait que des mines et des vestiges subsistent encore, témoignant de l’histoire de la production en grandes quantités d’un or de haute qualité grâce à des techniques artisanales traditionnelles, sans recours aux machines, a conduit à l’inscription du site au patrimoine mondial. On y trouve notamment la mine d’or et d’argent d’Aikawa-Tsurushi, l’une des plus grandes mines d’or et d’argent du Japon, où l’extraction manuelle s’est poursuivie pendant plus de 250 ans, du XVIe au milieu du XIXe siècle. Le site historique de la mine d’or de Sado permet de visiter une partie de ses galeries. En plus des traces d’excavation manuelle et des scènes d’extraction de l’époque reconstituées, il est possible d’observer le « Doyu no Warito » (la fissure de Doyu), où la montagne semble avoir été fendue en deux par l’extraction de l’or.

Onidaiko (danse des démons au son du tambour)

Onidaiko (danse des démons au son du tambour)

L’Onidaiko est un art folklorique emblématique de Sado, pratiqué afin de prier pour la sécurité de la famille, les bonnes récoltes et les pêches abondantes. On ne sait pas exactement à quand remonte son origine, mais selon une théorie, cette tradition serait née de mineurs dansant avec un burin à la main. On raconte également qu’elle aurait été influencée par les diverses cultures apportées de tout le pays à la suite de l’essor des mines d’or et d’argent. Il s’agit d’une tradition transmise dans chaque village, dont le style de base consiste en un danseur portant un masque de démon et un joueur de tambour. Cependant, au fil de cette longue transmission, la manière de danser, les rythmes de tambour, les masques de démons et les costumes se sont diversifiés. Il existe aujourd’hui plus de 100 groupes sur l’île et l’on dit qu’« il n’y a pas deux Onidaiko identiques ». Du printemps à l’automne, ces groupes se produisent lors des fêtes de village. Après avoir exécuté une danse en offrande dans un sanctuaire, ils font le tour des maisons pour y présenter leur danse.

Tarai-bune (bateau en forme de baquet)

Tarai-bune (bateau en forme de baquet)

Le « Tarai-bune d’Ogi » est une tradition emblématique de Sado. Son histoire aurait commencé avec le soulèvement de la côte à la suite du séisme de Sado-Ogi survenu en 1802. Ce type d’embarcation a été créé pour permettre de pratiquer efficacement la pêche à vue des ormeaux et des turbos, ainsi que la récolte d’algues, dans les zones de récifs au relief complexe, le long d’une côte devenue très découpée à la suite du séisme. La « technique de fabrication des Tarai-bune d’Ogi », qui a permis de perpétuer cette tradition, a été désignée comme bien culturel folklorique immatériel important du Japon en 2007. Aujourd’hui encore, au port d’Ogi, il est possible de profiter d’une expérience de promenade à bord d’un Tarai-bune, habilement manœuvré par des batelières vêtues de costumes traditionnels. Cette expérience est également proposée dans deux autres lieux et constitue une activité typique de Sado que nous recommandons vivement. Il est également possible de ramer soi-même le bateau en suivant les conseils d’une batelière.

Musée de la culture du Nord

Musée de la culture du Nord

Cette demeure de riches propriétaires terriens permet de découvrir l’histoire de la famille Ito, une famille emblématique des grands propriétaires terriens de la province d’Echigo, dont l’histoire remonte à 1746. Au milieu de l’époque d’Edo, la famille s’est élevée socialement grâce à l’agriculture dans cette région. Elle a ensuite fait fortune dans diverses activités commerciales, à commencer par le commerce de l’indigo, avant de devenir le plus grand propriétaire terrien d’Echigo. La grande demeure, achevée en 1889, s’étend sur un terrain de 29 000 m² et comprend des bâtiments tels que la maison principale, une grande salle, une salle de thé et un entrepôt, pour un total de 65 pièces. Le magnifique jardin de promenade entourant un étang, conçu par Tanaka Taiami, qualifié de jardinier de génie, est également un attrait majeur. Il est également possible d’y admirer des documents précieux ainsi qu’une collection d’objets d’art appartenant à la famille Ito. C’est un lieu exceptionnel où l’on peut profiter du magnifique jardin et des bâtiments laissés par les riches propriétaires terriens qui possédaient de vastes domaines, ainsi que des quatre saisons de Niigata.

Geishas de Furumachi

Geishas de Furumachi

L’histoire des geishas de Furumachi remonte à environ 200 ans, à l’époque d’Edo. À cette époque, Niigata servait de port d’escale aux « Kitamaebune », des navires marchands qui sillonnaient les eaux japonaises, et était très animée par l’afflux de nombreuses personnes. C’est dans ce lieu d’échanges que sont apparues les geishas de Furumachi, qui divertissaient les voyageurs de passage par leurs danses gracieuses, leurs chants, leurs performances de shamisen et leur sens de l’hospitalité. À leur apogée au début de l’ère Showa, elles étaient plus de 300 à exercer, et leur renommée égalait celle de Kyoto et de Tokyo. Bien que leur nombre ait diminué au fil du temps, elles continuent aujourd’hui encore de préserver avec soin la beauté traditionnelle japonaise et l’esprit chaleureux de l’hospitalité, fascinant les touristes venus du Japon et de l’étranger. Le « Furumachi Niigata Odori », qui a lieu chaque année en septembre et où toutes les geishas de Furumachi se produisent pour présenter leurs danses raffinées, leurs chants nagauta et leurs performances au shamisen, est un spectacle à ne surtout pas manquer.

Episode 2

Région d’Uonuma

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Pavillon Kaisando du temple Saifuku-ji

Pavillon Kaisando du temple Saifuku-ji

Fondé en 1534, le temple Saifuku-ji appartient à l’école Soto. Le plafond suspendu du pavillon Kaisando, attenant au bâtiment principal, abrite de grandes sculptures réalisées par Ishikawa Uncho, un sculpteur actif dans la province d’Echigo à la fin de l’époque d’Edo, surnommé le « Michel-Ange japonais ». Estimant que les enseignements de Dogen, fondateur de l’école Soto, pouvaient guider les gens vers le bonheur, le prêtre de l’époque a commandé à Ishikawa Uncho des sculptures inspirées d’épisodes de la vie de Dogen. Les grandes sculptures qui ornent le plafond sont somptueuses, alliant le relief créé par la finesse des sculptures ajourées à la vivacité des pigments minéraux. Sculptées dans une seule pièce de bois, ces œuvres représentent des animaux et dégagent une présence singulière par leur puissance et leur beauté, donnant l’impression qu’ils pourraient s’animer à tout moment. La précision des sculptures, jusque dans les moindres détails — expressions des personnages, feuilles et oiseaux — est saisissante et invite à les contempler, au point d’en oublier le temps.

Site archéologique de Sasayama

Site archéologique de Sasayama

De nombreux artefacts y ont été mis au jour, notamment des vases profonds, dont des poteries en forme de flamme créées il y a environ 5 000 ans et classées au titre de trésor national, ainsi que des outils en pierre et des statuettes en terre cuite. Ce site est d’une grande importance, car il a considérablement renouvelé les connaissances sur l’histoire de la période Jomon. Les poteries en forme de flamme découvertes sur ce site se caractérisent par leurs formes dynamiques et magnifiques, évoquant des flammes ardentes. Elles témoignent aujourd’hui du sens artistique étonnant et de la grande maîtrise technique du peuple Jomon. Le site lui-même a été aménagé en parc, et des habitations semi-enterrées de l’époque, dans lesquelles on peut entrer, y ont été reconstituées. Faisant la fierté de la ville de Tokamachi, ce site historique permet de remonter le temps jusqu’à la période Jomon, au cœur d’un environnement naturel luxuriant. Il est également possible d’admirer de nombreuses poteries classées au titre de trésor national au musée de la ville de Tokamachi, situé à proximité.

Triennale d’Echigo-Tsumari

Triennale d’Echigo-Tsumari

Il s’agit de l’un des plus grands festivals d’art internationaux au monde, qui se déroule depuis plus de 20 ans dans la région d’Echigo-Tsumari, composée de la ville de Tokamachi et du bourg de Tsunan. Organisé sous la forme d’une triennale, il présente, pendant toute la durée de l’événement, des œuvres variées créées par des artistes du monde entier dans les paysages ruraux et montagneux d’un vaste territoire d’environ 760 km². À chaque édition, les artistes participants visitent la région au préalable, s’imprègnent de sa nature, de sa culture, de son histoire et de la vie de ses habitants, puis créent des œuvres magnifiques qui ne pourraient voir le jour qu’en ce lieu. Comme l’organisation des visites et la présentation des œuvres sont assurées par les habitants locaux, les conversations et les échanges avec les personnes rencontrées au fil de la découverte des œuvres constituent également un attrait majeur. De plus, certaines œuvres d’art offrent la possibilité d’y séjourner, permettant ainsi de vivre une expérience d’hébergement unique.

La culture du kimono

La culture du kimono

La production textile est florissante dans la préfecture de Niigata depuis l’Antiquité. Son environnement naturel, caractérisé par d’abondantes chutes de neige, une forte humidité et une eau de qualité, offrait des conditions idéales pour la culture de la ramie, utilisée comme matière première pour le tissage, favorisant ainsi le développement de cette activité. Depuis la production d’« Echigo-fu », un tissu en ramie dont les origines remonteraient au Moyen Âge, les types de tissus produits ont évolué avec le temps. Le tissu Akashi-chijimi, qui a connu un immense succès de l’ère Meiji au début de l’ère Showa, constitue la base de l’industrie textile de Tokamachi. En général, les kimonos sont fabriqués selon une division du travail entre différents sites de production et ateliers pour chaque étape de fabrication. Cependant, les déplacements vers d’autres sites de production étant difficiles dans cette région sujette à de fortes chutes de neige, une production intégrée au sein d’une même usine s’est développée. Chaque année en mai, un événement consacré au kimono est organisé, permettant de porter des kimonos, de visiter des usines et de découvrir cette culture.

Cuisine à base de plantes sauvages comestibles

Cuisine à base de plantes sauvages comestibles

Plantes sauvages comestibles, légumes, riz... la région d’Uonuma regorge d’ingrédients de saison tout au long de l’année. Dans la vie quotidienne des zones rurales de montagne, les plantes sauvages comestibles occupent une place familière et se retrouvent chaque jour sur les tables. Il s’agit d’un généreux bienfait de la nature, propre aux régions sujettes à de fortes chutes de neige. Au printemps, avec la fonte des neiges, les bourgeons floraux de pétasite du Japon, les jeunes pousses d’aralie, au goût légèrement amer mais agréable, ainsi que celles de Chengiopanax sciadophylloides font leur apparition, annonçant ainsi la saison de la jeune verdure. Jusqu’au début de l’été, les jeunes pousses d’hosta, appréciées pour leur texture croquante, et le sceau de Salomon, à la texture visqueuse, viennent agrémenter les tables. À l’automne, des champignons parfumés tels que le maitake et le shimeji font leur apparition. L’attrait des plantes sauvages comestibles réside dans la possibilité de savourer la vitalité de la nature au fil des quatre saisons. À « Ubusuna House », une œuvre d’art de la Triennale d’Echigo-Tsumari faisant également office de restaurant dans la ville de Tokamachi, il est possible de déguster des plats à base de plantes sauvages comestibles préparés par les femmes de la région.

Episode 3

Région de Joetsu

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Festival des cerisiers en fleurs du parc du château de Takada

Festival des cerisiers en fleurs du parc du château de Takada

Le parc du château de Takada a été aménagé sur les vestiges de ce dernier, construit à l’époque d’Edo par Matsudaira Tadateru, le sixième fils de Tokugawa Ieyasu. Ce site est devenu célèbre pour ses cerisiers après la plantation de 2 200 arbres à l’ère Meiji. On y compte aujourd’hui environ 4 000 cerisiers, principalement de la variété Somei Yoshino, plantés le long des vastes douves intérieures et extérieures qui entourent le parc, ainsi que dans ses environs. De nombreux visiteurs viennent de tout le pays pour assister au festival des cerisiers en fleurs, qui se tient chaque année du début à la mi-avril, lorsque les cerisiers Somei Yoshino sont en fleurs. Le contraste entre ces cerisiers qui teintent les environs de rose et la tourelle à trois niveaux du château de Takada, d’un blanc immaculé et reconstruite en 1993, crée un paysage magnifique. Outre les allées de cerisiers en fleurs que l’on peut admirer pendant la journée, les cerisiers illuminés la nuit par les quelque 3 000 lanternes en papier offrent un spectacle féerique à ne pas manquer.

Takada Sekaikan

Takada Sekaikan

Il s’agit de l’un des plus anciens cinémas encore en activité au Japon. Ouvert en 1911 en tant que théâtre, il est devenu un cinéma quelques années plus tard. C’est l’un des rares exemples d’architecture pseudo-occidentale dans le quartier de Takada. À l’intérieur, on trouve des sièges d’un rouge cramoisi, un plafond à la structure en bois finement travaillée, des colonnes de style dorique grec et une cabine de projection restée dans son état d’origine et toujours en service. Dès que l’on en franchit le seuil, on a l’impression de faire un voyage dans le temps. Enregistré comme bien culturel matériel au niveau national et reconnu comme site du patrimoine de la modernisation industrielle, ce cinéma est apprécié aussi bien des cinéphiles que des amateurs d’architecture. Toujours en activité, il propose une programmation variée, allant des nouveautés aux grands classiques, et son intérieur peut être visité entre les séances. Il est recommandé de consulter le programme des séances avant de s’y rendre.

Jade

Jade

Le jade est une pierre précieuse particulièrement prisée en Orient. Au Japon, il est façonné depuis l’Antiquité en taishu, de grands pendentifs allongés, ou en magatama, des ornements de forme incurvée, et tenu en haute estime. Il s’agit d’une pierre rare qui ne se forme que dans les zones de subduction des immenses plaques tectoniques recouvrant la surface de la Terre, comme celles de l’archipel japonais. Parmi les quelques sites de production du pays, Itoigawa se distingue par la qualité et la quantité de son jade, inégalées au Japon. Le jade extrait à Itoigawa s’est formé il y a environ 520 millions d’années et est considéré comme le « jade le plus ancien du monde ». Le jade a été désigné comme pierre nationale en septembre 2016, puis comme pierre officielle de la préfecture de Niigata en novembre 2022. Dans la gorge de jade de Kotakigawa, on peut admirer le paysage spectaculaire créé par le jade brut et le calcaire du mont Myojo. À proximité, la plage de jade attire de nombreux passionnés qui viennent y chercher des morceaux de jade charriés par la rivière depuis la gorge et déposés sur la plage.

Sasami-zushi

Sasami-zushi

Le van, appelé « mi » en japonais, est un outil agricole utilisé pour transporter les récoltes ou ramasser les feuilles mortes. Le sasami-zushi est un plat traditionnel local qui se transmet dans les régions de Joetsu et de Myoko. Il est préparé en pliant une feuille de bambou de manière à reproduire la forme du « mi », puis en y déposant du riz assaisonné de vinaigre, de sel et de sucre. On le garnit ensuite de divers ingrédients et condiments aux couleurs vives. Selon la tradition, les troupes du chef de guerre Uesugi Kenshin l’utilisaient comme ration de campagne à l’époque Sengoku. Il était servi dans la région lorsque de nombreuses personnes se réunissaient, notamment à l’occasion de la fête d’Obon en été ou des festivals locaux. Les ingrédients utilisés sont principalement des produits locaux, tels que des pousses de bambou, de jeunes pousses de fougère ou des champignons shiitake. Les garnitures imprégnées de saveurs, le riz vinaigré et le léger parfum de la feuille de bambou s’harmonisent parfaitement en bouche. Dans la région de Myoko, il existe des établissements où l’on peut participer à un atelier de préparation du sasami-zushi, animé par des habitants de la région.

Station thermale d’Akakura et chutes de Naena

Station thermale d’Akakura et chutes de Naena

Aujourd’hui connue comme une station de ski de renommée internationale, la station thermale d’Akakura a vu le jour en 1816, vers la fin de l’époque d’Edo. Grâce aux nombreux bienfaits de ses eaux, à la fois sulfatées et bicarbonatées, elle a prospéré à l’époque d’Edo en tant que lieu de cure thermale et ville étape sur la route Hokkoku-Kaido. Par la suite, durant les ères Meiji et Taisho, elle s’est progressivement développée comme lieu de villégiature estivale et quartier de résidences secondaires de luxe, tout en conservant sa vocation thermale. Elle est également connue pour avoir été prisée par de nombreux écrivains et personnalités, tels que Ozaki Koyo, Yosano Akiko et Arishima Takeo. À une vingtaine de minutes en voiture de la station thermale d’Akakura se trouvent les célèbres chutes de Naena, classées parmi les 100 plus belles cascades du Japon. D’une hauteur de 55 m, elles offrent un spectacle saisissant lorsque l’eau se précipite dans un nuage d’embruns. Le fracas de l’eau produit un grondement qui résonne dans la forêt environnante tel un tremblement de terre, ce qui leur vaut également le surnom de « cascade du tremblement de terre ».

Episode 4

Régions de Shibata et de Murakami

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Le saumon de Murakami

Le saumon de Murakami

Depuis des temps immémoriaux, les saumons remontent les rivières qui traversent la ville de Murakami, notamment la rivière Miomote. Des documents attestent que du saumon était offert à la cour impériale de Kyoto à l’époque de Heian. Vers la fin de l’époque d’Edo, la reproduction du saumon a été favorisée en le guidant vers un bras secondaire de la rivière spécialement aménagé pour la ponte, marquant ainsi la première réussite mondiale dans ce domaine. À Murakami, le saumon est appelé « Iyoboya » (signifiant « le poisson par excellence ») et se déguste dans son intégralité, sans rien en gaspiller. Il existe plus de 100 façons différentes de le préparer. En hiver, des saumons salés sont suspendus sous les avant-toits des maisons, et le spectacle de ces poissons se balançant dans le vent froid de la mer du Japon est une scène emblématique de l’hiver à Murakami. Des techniques traditionnelles de pêche au saumon, telles que l’Iguri-ami, pratiqué au filet entre des barques, et le Kodo, qui utilise un abri sombre comme piège, ainsi que des événements comme le « Keikonsai » (cérémonie en hommage aux saumons), au cours duquel les habitants expriment leur gratitude envers le saumon, subsistent encore aujourd’hui. La préservation de ces traditions est propre à Murakami, la ville du saumon.

Murakami Taisai (Grand Festival de Murakami)

Murakami Taisai (Grand Festival de Murakami)

En 2018, ce festival a été désigné bien culturel folklorique immatériel important du Japon sous l’appellation « procession de chars du festival de Murakami ». En 2025, il a été intégré à l’élément « festivals de chars Yama, Hoko et Yatai », inscrit sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO. L’origine de ce festival remonterait à une cérémonie organisée en 1633 par Hori Naoyori, alors seigneur du domaine de Murakami, à l’occasion du transfert des bâtiments du sanctuaire Senami Haguro vers leur emplacement actuel. Les festivités de la veille ont lieu chaque année le 6 juillet, suivies du festival principal le 7 juillet. Le temps fort de ces festivités est le défilé des « Oshagiri ». Les « Oshagiri » sont des chars transmis de génération en génération dans chaque quartier, et le matin du festival principal, pas moins de 19 chars défilent les uns après les autres dans la ville. Beaucoup de gens reviennent à Murakami, leur ville natale, spécialement pour cette journée. Il s’agit d’un festival exceptionnel qui permet de ressentir la force des liens qui unissent les personnes nées et ayant grandi dans cette ville, ainsi que leur profond attachement à leur terre natale.

Résidence Watanabe

Résidence Watanabe

Il s’agit de la demeure de la famille Watanabe, une famille de riches marchands et de grands propriétaires terriens qui exerçait également la fonction de chef de village. À l’époque d’Edo, elle a fait fortune dans le transport maritime, le brassage du saké et le développement de nouvelles rizières, en tirant parti de la situation privilégiée de cette ville étape sur la « route de Yonezawa », reliant Wakamatsu dans le district d’Aizu de la province de Mutsu (l’actuelle ville d’Aizuwakamatsu dans la préfecture de Fukushima) à Yonezawa dans le district d’Okitama de la province de Dewa (l’actuelle ville de Yonezawa dans la préfecture de Yamagata). Sur un terrain de 9 900 m², on trouve le bâtiment principal classé bien culturel national, six entrepôts aux murs en terre et un jardin classé site pittoresque national. La surface au sol du bâtiment principal est de 1 650 m². Le vaste espace en terre battue qui traverse le bâtiment du nord au sud était utilisé pour le chargement et le déchargement des marchandises ainsi que pour les négociations commerciales. La structure unique du toit, appelée « Ishi-oki koba-buki yane » (toit en bardeaux lesté de pierres), est constituée de fins bardeaux de cèdre superposés et maintenus en place par des pierres. Dès que l’on pénètre sur le site, on peut admirer la beauté de l’architecture et du jardin, qui témoignent de la prospérité de l’époque.

Laque sculptée de Murakami (kibori tsuishu)

Laque sculptée de Murakami (kibori tsuishu)

La laque sculptée de Murakami est un artisanat traditionnel de la ville de Murakami, réalisé en sculptant délicatement un support en bois, puis en y appliquant de nombreuses couches de laque naturelle. On dit qu’il s’agit du seul type de laque à faire l’objet d’une telle finition mate. Celle-ci consiste, après l’application successive de couches de laque naturelle, à polir la surface jusqu’à la rendre plane à l’aide de poudre de bois et de tonoko, une poudre minérale de polissage. Comme de la laque naturelle de haute qualité était produite en abondance depuis longtemps à Murakami, cette technique a été mise au point à l’époque d’Edo. En 1955, la laque sculptée de Murakami a été désignée « bien culturel immatériel de la préfecture de Niigata », puis reconnue comme produit artisanal traditionnel au niveau national en 1976 par le ministre du Commerce international et de l’Industrie de l’époque, fonction correspondant aujourd’hui à celle de ministre de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie. Les objets fabriqués sont très variés, allant de pièces traditionnelles telles que des plateaux décoratifs, des vases, des meubles et des ustensiles pour le thé et la cérémonie du thé, jusqu’à de petits objets comme des services à saké et des miroirs à main. L’un de leurs principaux attraits réside dans le fait que leur couleur et leur lustre s’intensifient au fil des utilisations, leur conférant avec le temps un caractère plus profond.

Jardin Shimizu-en

Jardin Shimizu-en

Il s’agit des vestiges de l’ancienne résidence secondaire de la famille Mizoguchi, qui gouvernait la région de l’actuelle ville de Shibata à l’époque d’Edo. Son jardin est un jardin de promenade de style daimyo qui aurait été conçu en s’inspirant des « Huit Vues d’Omi », huit sites pittoresques emblématiques situés autour du lac Biwa. Au centre du vaste domaine se trouve un étang dont la forme reproduit le caractère signifiant « eau », autour duquel ont été aménagés des collines artificielles, de petites îles et une salle de thé. Le jardin est ainsi conçu de manière à offrir des paysages variés au fil de la promenade. Dans le shoin (salle d’étude), construit de manière à donner sur le jardin, se trouvent deux pièces en enfilade largement ouvertes sur l’étang, dans lesquelles se tenaient autrefois des représentations de nô. Il est possible de s’asseoir dans l’une de ces pièces, comme le faisaient autrefois les seigneurs, et de profiter pleinement du paysage qui s’étend devant soi, digne d’un tableau. L’automne, lorsque les arbres se parent de magnifiques couleurs, est une saison particulièrement appréciée pour visiter ce site. Le jardin est également illuminé le soir.

Episode 5

Région de Nagaoka

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Settaya, ville du brassage et de la fermentation

Settaya, ville du brassage et de la fermentation

Le quartier de Settaya, à Nagaoka, est un lieu où la culture du brassage et de la fermentation prospère depuis longtemps. Grâce à la qualité de son eau, la production de miso et de sauce soja, ainsi que le brassage du saké, s’y sont développés, avant de connaître un nouvel essor à l’époque d’Edo grâce au transport fluvial sur le fleuve Shinano. Aujourd’hui, six producteurs de miso, de sauce soja et de saké sont installés dans un secteur d’environ 500 mètres sur 500. En se promenant dans le quartier, on perçoit çà et là les arômes du koji et de la sauce soja. Épargné par le bombardement de Nagaoka en 1945, le quartier conserve des bâtiments datant de la fin de l’époque d’Edo ainsi que des ères Meiji et Taisho, dont beaucoup sont enregistrés comme biens culturels matériels au niveau national. Parmi ces bâtiments, le Kote-e-gura (entrepôt orné de bas-reliefs en stuc) de l’ancienne fabrique de liqueur au safran Kina est l’un des symboles de Settaya. Ses bas-reliefs en stuc aux couleurs éclatantes, représentant 17 espèces d’animaux et de créatures mythiques, dont les douze animaux du zodiaque, ainsi que neuf espèces de plantes, fascinent les visiteurs par leur remarquable beauté.

Ayako-mai, art folklorique traditionnel

Ayako-mai, art folklorique traditionnel

L’Ayako-mai est un art folklorique transmis depuis environ 500 ans à Onadani, dans la ville de Kashiwazaki. En 1976, il a été désigné bien culturel folklorique immatériel important du Japon. L’Ayako-mai désigne collectivement trois formes de spectacle : le Kouta-odori, dansé par des femmes, ainsi que le Hayashi-mai et le Kyogen, interprétés par des hommes. Il est aujourd’hui soigneusement perpétué par les communautés de Takanda et de Shimono. Reconnu comme un art d’une valeur exceptionnelle conservant les traces des premières formes du kabuki, il présente des danses fortement marquées par l’Onna-Kabuki des débuts (kabuki interprété par des femmes). Son répertoire de Kyogen comprend encore des pièces issues du Wakashu-Kabuki (kabuki interprété par de jeunes garçons avant leur passage à l’âge adulte), qui ne fut pratiqué que pendant 25 ans à partir de 1629. En 2022, l’Ayako-mai a été inscrit sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO comme l’une des 41 danses traditionnelles pratiquées dans tout le Japon et regroupées sous le nom de « Furyu-odori ».

Ojiya-chijimi et hegi soba

Ojiya-chijimi et hegi soba

La ville d’Ojiya est connue depuis longtemps comme un grand centre de production textile. Son textile emblématique est l’« Ojiya-chijimi », une étoffe de ramie de très haute qualité utilisée pour confectionner des kimonos d’été. Il se caractérise par de fines ondulations appelées « shibo », obtenues en malaxant le tissu dans de l’eau chaude, puis en le faisant sécher, ce qui empêche le tissu d’adhérer à la peau et procure une sensation de fraîcheur et de légèreté. Le « funori », une sorte d’algue, était utilisé pour encoller les fils de l’Ojiya-chijimi. Le « hegi soba » est né de l’utilisation de ce funori comme liant pour les nouilles soba. Il se distingue par sa texture lisse et agréable en bouche, ainsi que par sa fermeté, et est servi dans un récipient appelé « hegi ». L’Ojiya-chijimi et le hegi soba, qui témoignent du lien entre la culture textile et la culture culinaire, se transmettent encore aujourd’hui comme des traditions profondément ancrées dans la région.

Grand Feu d’Artifice du Festival de Nagaoka

Grand Feu d’Artifice du Festival de Nagaoka

Il s’agit de l’un des trois plus grands festivals de feux d’artifice du Japon. Le moment fort est le « Phoenix », un feu d’artifice tiré pour la première fois en 2005 en signe de prière pour la reconstruction après le séisme de Chuetsu survenu en octobre 2004. Il s’agit d’une vaste composition pyrotechnique panoramique atteignant 2 km de largeur. Se déployant dans le ciel nocturne jusqu’à remplir tout le champ de vision, ce spectacle impressionnant continue de fasciner les spectateurs. En outre, l’histoire de Nagaoka a été profondément marquée par le raid aérien du 1er août 1945. C’est pourquoi, le 1er août à 22 h 30, à l’heure même où le raid aérien a commencé, trois feux d’artifice entièrement blancs appelés « Shiragiku » (chrysanthème blanc) sont lancés. Au moment du lancement de ces trois feux d’artifice, les temples de la ville font retentir leurs cloches en hommage aux victimes. La profonde volonté d’honorer les victimes, de reconstruire la ville et de préserver une paix durable, transmise par les générations précédentes, demeure aujourd’hui encore profondément ancrée dans les feux d’artifice de Nagaoka.

Carpes koï (nishikigoi)

Carpes koï (nishikigoi)

Le district de Yamakoshi, dans la ville de Nagaoka, et la ville d’Ojiya comptent parmi les régions les plus enneigées de la préfecture. Afin de tirer parti du relief façonné par les glissements de terrain provoqués par la fonte des neiges et la montée du niveau des eaux souterraines au début du printemps, les habitants ont aménagé les versants montagneux pour y créer des rizières et des étangs en terrasses. Des étangs ont été aménagés au sommet de ces terrasses afin que l’eau froide issue de la fonte des neiges soit réchauffée par le soleil, et des carpes destinées à la consommation y étaient élevées. Parmi elles sont apparues, à la suite d’une mutation, des « irogoi » (carpes colorées) présentant de discrets motifs rouges. Ces « irogoi », qui ont attiré l’attention dans tout le Japon sous le nom de « carpes atypiques d’Echigo », sont aujourd’hui appréciées dans le monde entier sous le nom de « carpes koï ». Les rizières et les étangs en terrasses, qui s’étagent sur plusieurs niveaux, forment un paysage emblématique du Japon rural traditionnel. Les carpes koï qui nagent avec élégance dans ce décor sont le fruit d’une culture rurale façonnée par la rudesse de l’environnement naturel.